Tour de France du deuxième tour des municipales 2020 Le deuxième tour des municipales, prévu pour le 28 juin, pourrait rebattre les cartes du premier tour. La grande inconnue de ce second scrutin : l'abstention

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Après un premier tour des municipales bouleversé par l’épidémie du coronavirus en France, et marqué en conséquence par un taux de participation historiquement bas, la date du deuxième tour a été fixée au dimanche 28 juin. Alors que la bataille est déjà gagnée dans certaines communes, elle s’annonce féroce dans d’autres, où les 100 jours de délai entre les deux tours ont pu rebattre les cartes.

Plusieurs grandes villes connaissent déjà leur nouveau maire

                    Arnaud Robinet, maire de Reims

A Reims, Arnaud Robinet a facilement été réélu, le candidat membre des républicains depuis 2011 à obtenu 66,32% de voix, avec un faible taux de participation de 30,92%. A Troyes, François Baroin, lui aussi membre des Républicains a été réélu avec 66% des suffrages exprimés. Le Ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, membre de LREM, a quant à lui été élu avec 60,88% des voix dans sa commune de Tourcoing.
Très largement favori, le maire sortant à Nice, Christian Estrosi (LR), en quête d’un troisième mandat, s’est vu attribuer 47,62% des voix, lui assurant quasiment sa réélection, le deuxième au suffrage étant Philippe Vardon (RN) avec 16,69%.
Enfin à Grenoble le maire sortant Eric Piolle (EELV) a dominé son concurrent Alain Carignon en remportant 46,2% des voix.

Dans les autres villes, la bataille n’est pas finie

Les outsiders ou déçu du premier tour peuvent croire à un bouleversement dans les résultats. Le taux de participation du second tour, grand inconnu pour l’instant, risque d’être un facteur déterminant dans de nombreuses communes.

A Lyon, le successeur de Gérard Collomb (en place depuis 2001) pourrait bien être Grégory Doucet. Le candidat EELV, qui a reçu 28,46% des voix, dispose d’une large avance sur ses deux principaux adversaires, Etienne Blanc (LR, 17,01%) et Yann Cucherat (LREM, 14,9%). Le 28 mai, l’annonce d’une alliance LREM-LR, impulsée par Gérard Collomb pour battre Grégory Doucet est confirmée. Yann Cucherat sera donc l’adversaire numéro 1 de Grégory Doucet. Le candidat EELV pourra peut-être trouver chez Georges Képénékian, ex-LREM, qui a vivement critiqué cette alliance, le soutient nécessaire pour remporter ces éléctions. Lyon sera donc, tout comme  Le Havre, une des villes décisives pour LREM le soir du 28.

La bataille est bien plus incertaine à Marseille, où l’élection du 28 juin promet d’être serrée. Trois candidats peuvent prétendre à la mairie dans la deuxième ville de France, Michèle Rubirola sur une liste de gauche a obtenu 23,44% des suffrages, suivi de près par Martine Vassal (LR, 22,32%) et Stéphane Ravier (RN, 19,45%). Le candidat de la majorité Yvon Berland n’a reçu que 8% des suffrages, un échec certain pour LREM dans la cité phocéenne.

Au Havre, le Premier Ministre Edouard Philippe, bien qu’il ait enregistré 43,59% des voix, n’est pas à l’abri. Le candidat Jean-Paul Lecoq, grâce à une liste communiste-France insoumise, a obtenu 35,87% des voix. En cas d’alliance avec Alexis Deck, candidat EELV, la réélection d’Edouard Philippe pourrait être sérieusement contrariée. Tous les yeux seront donc rivés sur le Havre le 28 juin, car un échec du premier ministre dans sa ville serait un coup dur pour LREM et lui-même.

La succession d’Alain Juppé est une des plus contestées de France. En effet, à Bordeaux, Nicolas Florian (LR), qui a remplacé Alain Juppé en cours de mandat, ne possède que 96 voix d’avance sur Pierre Hurmic, candidat EELV. Avec chacun 35% des suffrages, les deux candidats ont bataillé durant ces deux derniers mois pour tenter de convaincre les précieux électeurs qui feront la différence le 28 juin.

A Montpellier, après une campagne ayant vu 14 candidats s’affronter, Philippe Saurel (divers gauches) est sorti en tête avec 19,11% des voix, devant  Michael Delafosse (PS) avec 16,66%. L’humoriste Rémi Gaillard, qui avait tenté sa chance dans sa ville natale, échoue avec 9,24% des suffrages.

Le combat pour la capitale

Comme toujours, la lutte pour la capitale a été extrêmement suivie. Après le désistement de Benjamin Griveaux, remplacé par Agnès Buzyn, ancienne ministre de la santé, les résultats étaient particulièrement incertains. C’est finalement la maire sortante, Anne Hidalgo, qui s’est remarquablement imposée en récoltant 29,33% des voix, suivi par Rachida Dati (LR) avec 22,72% des suffrages. Agnès Buzyn échoue à 17,26%, et semble être en ballottage défavorable. Le mathématicien Cédric Villani n’a pas réussi son pari, et n’obtient que 7,88% des voix, devancé par l’écologiste David  Belliard. Le jeu des alliances va être décisif à Paris, avec de possibles rapprochements Buzyn-Villani et Hidalgo-Belliard. Les listes doivent en tout cas être déposées le 2 juin.

Resultats dans les autres grandes villes françaises :

Lille : Martine Aubry (PS) : 29,80%, Stephane Bally (EELV) : 24,53% Violette Spillebout (LREM) : 17,53%
Strasbourg : Jeanne Barseghian (EELV) : 27,87%  Alain Fontanel (LREM) 19,86%
Rennes : Nathalie Appéré (PS) : 32,77% Matthieu Theurier (EELV) : 25,37%

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Etudiant à Paris, rédacteur pour la section sciences de Conflits. Pour me contacter, veuillez passer par mon Twitter (@AspertoJ) ou directement par mail : [email protected]

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