Résultats du second tour des élections municipales en France Entre abstention record, percée d'EELV, résistance du PS et LR et échec de LREM, ce second tour des élections municipales fut riche en surprises.

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La crise sanitaire de la Covid-19 n’y est sans doute pas pour rien, mais le taux d’abstention du second tour des élections municipales est sans précédent: 60%. C’est 22 points de plus qu’en 2014. Le président de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon a même qualifié ce faible taux de participation de “grève civique”.

En France, sur les 42 villes de plus de 100 000 habitants, 25 sont à gauche, 13 à droite, 3 sont acquis à la République en Marche et 1 au Rassemblement National.

Une vague verte déferle sur la France

Le sort politique d’Europe Ecologie Les Verts a basculé ce dimanche 28 Juin. Ce parti groupuscule, sans députés à l’Assemblée Nationale se retrouve aujourd’hui propulsé sur le devant de la scène politique française. Yannick Jadot, député européen et potentiel candidat d’EELV pour la présidentielle de 2022 déclare que le succès de son parti aux municipales est: “un tournant politique pour notre pays”.

Le vert a très largement dominé la France lors du second tour des élections municipales. En effet, les écologistes ont conquis de nombreuses villes majeures. A commencer par Lyon où Grégory Doucet, inconnu du grand public et allié à la gauche, s’est imposé avec 52,6% des voix. Le candidat d’EELV a ainsi mis un terme au règne de Gérard Collomb, locataire de l’Hotel de Ville depuis 2001.

A Strasbourg, la tête de liste d’Europe Ecologie Les Verts, Jeanne Barseghian recueille 42,18% des voix et bat le candidat de LREM, allié aux Républicains, Alain Fontanel. En Gironde, à Bordeaux, ville de droite sous mandature d’Alain Juppé durant 22 ans, l’écologiste Pierre Hurmic allié au Parti Socialiste remporte la bataille face au maire sortant LR allié avec LREM, Nicolas Florian.

Dans de nombreuses autres métropoles françaises, EELV l’a emporté. A Tours, Emmanuel Denis bat le maire sortant de droite Christophe Bouchet. A Besançon, la candidate écologique Anne Vignot l’emporte avec 43,83% des suffrages.  Enfin, à Poitiers, Léonore Moncond’huy remporte la bataille face au Parti Socialiste.

La ville d’Annecy bascule également chez les Verts; François Astorg est élu maire de la ville avec 44,74% des suffrages exprimés. Il bat le maire sortant Jean-Luc Rigaut de 27 voix seulement. Acquise aux écologistes en 2014, la ville de Grenoble reste verte.

A Marseille, la liste du Printemps Marseillais menée par la gauche et les écologistes, avec à sa tête Michelle Rubirola arrive en tête face à la candidate des Républicains et maire sortante Martine Vassal.

Le Parti Socialiste persiste

Dans plusieurs villes, la gauche réitère. C’est le cas notamment dans la capitale, ou la maire sortante Anne Hidalgo, alliée aux écologistes de David Belliard, est très largement réélue pour un second mandat. Elle récolte 48,7% des voix, devant la candidate LR Rachida Dati, élue dès le premier tour dans le VIIè arrondissement,  qui récolte 33,7% des suffrages. La défaite est cinglante pour la candidate de la majorité présidentielle Agnès Buzyn qui arrive en troisième position avec seulement 13,3% des voix. L’ancienne ministre des Solidarités et de la Santé, qui a remplacé Benjamin Griveaux  en Février dernier, ne siègera donc pas au Conseil de Paris. La liste de la maire sortante, reconduite pour un nouveau mandat Anne Hidalgo obtiendrait entre 94 et 104 sièges, celle des Républicains emmenée par Rachida Dati en obtiendrait entre 49 et 58 tandis que celle de la majorité présidentielle en obtiendrait entre 6 et 12.

Dans la capitale du Nord, Martine Aubry est réélue de justesse pour un 4ème mandat: elle devance le candidat d’EELV, Stéphane Baly de 227 voix seulement.

Autre surprise notable à Nancy, ville de droite depuis 1947, ou le socialiste Mathieu Klein, allié à l’écologiste Laurent Watrin a été élu avec 54,54% des suffrages, aux dépends du maire sortant Laurent Hénart.

Le Nord Ouest de la France reste également acquis à la cause du Parti Socialiste. En effet, à Rennes et Nantes la gauche triomphe avec Nathalie Appéré d’une part et Johanna Rolland d’autre part.

Même configuration à Dijon, ou le maire sortant et ancien ministre sous François Hollande, François Rebsamen est réélu pour un 4ème mandat, avec 43,52% des suffrages en sa faveur. Michel Delafosse du Parti Socialiste, Divers Gauche et soutenu par les Verts devient le nouveau maire de Montpellier avec 45,45% des voix, devançant ainsi le maire sortant Philippe Saurel (34,65%).

Le Parti Socialiste conserve également d’autres grandes villes à l’instar de Brest, Rouen, Le Mans ou encore Clermont Ferrand.

La Droite renforce son ancrage local

Selon les dires du président des Républicains Christian Jacob, le deuxième tour des élections municipales est “une grande victoire” avec 50% des villes de plus de 9 000 habitants désormais sous mandature républicaine.

Contrairement à sa voisine Meurthe et Mosellane, la ville de Metz bascule à droite avec l’élection du Républicain François Grosdidier qui recueille 45,13% des suffrages, soit 197 voix de plus que son adversaire.

A Toulouse, le maire sortant Jean-Luc Moudenc est réélu avec 51,6% des suffrages. Du coté de la Cote d’Azur à Nice, Christian Estrosi est réélu pour un troisième mandat en battant très largement le candidat du Rassemblement National Philippe Vardon. De nombreuses villes restent également sous les couleurs de la droite, comme Mulhouse, Colmar, Argenteuil, Orléans, Limoges, Amiens, Aix-En-Provence, Nimes ou encore Saint-Etienne.

Le patron du Modem, François Bayrou est réélu dans sa ville de Pau.

Le Rassemblement National, le PCF et la République en Marche ne séduisent pas

Le Rassemblement National remporte à Perpignan sa toute première ville de plus de 100 000 habitants, depuis Toulon en 1995, avec l’élection de Louis Aliot. Cependant ce succès reste très faible. En effet, l’échec est total pour Stéphane Ravier à Marseille qui perd son secteur. Le nombre de conseillers municipaux du parti dirigé par Marine le Pen est également en chute libre. Entre 2014 et 2020, le Rassemblement National a perdu 598 sièges.

C’est également une dure soirée pour le Parti communiste français (PCF). En effet plusieurs villes, à l’instar de Saint-Denis ou Aubervilliers ne sont désormais plus dirigées par les communistes.

Du côté de la République en Marche, l’échec est sans appel. Hormis au Havre ou l’actuel Premier ministre Edouard Philippe a été reconduit pour un nouveau mandat local (il bat Jean-Paul Lecoq avec 58,8% des suffrages exprimés), la République en Marche a perdu dans toutes les grandes villes et notamment à Paris, Lyon,  Marseille ou Lille. La porte parole du gouvernement, Sibeth NDiaye a déclaré  éprouver “une déception” face aux résultats de LREM.

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